oui à l'Europe, oui à l'euro

Publié le 13 Mai 2014

Il est aberrant de se présenter à une élection en voulant détruire l'entité pour laquelle on postule. Imagine-t-on une élection municipale où une tête de liste dirait Non à Savigny-sur-Orge, oui à Grand-Vaux. mais de même que Grand-Vaux ne peut rien sans la commune, de même la France ne serait rien sans l'Europe.

Pour l’élection européenne du 25 mai, le programme du Front national tient en quatre points : sortir de l’Euro et de l’Union européenne, dévaluer immédiatement le franc ainsi retrouvé de 20 % ; élever de hautes barrières douanières à nos frontières ; appliquer la « préférence nationale » à l’encontre des immigrés. Si, par malheur, une telle médecine devait être appliquée, elle mettrait à terre notre pays pour longtemps. Le programme du prétendu « Front national » est anti-européen mais aussi anti-national. La disparition de l’ euro est un scénario catastrophe Le retour aux monnaies nationales aurait un coût exorbitant : Il rallumerait la guerre des monnaies européennes, les unes contre les autres, que nous avons connu dans le dernier quart du siècle précédent. Si nous dévaluons le franc de 20 %, les Espagnols dévalueront la peseta de 25 % et les Italiens la lire de 30 %, (comme ils l’ont fait en 1992) ; ce qui nous conduirait à dévaluer à nouveau le franc de 10 %, etc. C’est pour mettre un terme à ce cercle vicieux des « dévaluations compétitives » que l’ euro a été inventé.


Il provoquerait une crise économique majeure. C’est une illusion de croire que les gouvernements pourraient souverainement décider des parités de leurs monnaies nationales au cours d’un week-end prolongé. Ce ne sont pas les gouvernements mais les marchés financiers qui fixent la valeur des monnaies en système de change flottant ; les monnaies des pays d’ Europe du Sud et de l’ est se déprécieraient bien au-delà des seuils espérés. Celles des pays du Nord s’apprécieraient bien davantage que les niveaux escomptés. Craignant de voir fondre leurs économies en même temps que leur monnaie nationale, les épargnants des pays en difficulté se précipiteraient aux guichets des banques pour retirer leurs avoirs. Nombre de celles-ci feraient faillite, entrainant dans leur chute une myriade d’entreprises et de ménages. D’autant que ces banques détiennent de nombreuses créances des États et des entreprises des pays périphériques, aujourd’hui libellées en euros. Convertis dans leurs monnaies nationales dévaluées, ces avoirs perdraient une grande partie de leur valeur au détriment de leurs détenteurs.

Rédigé par Elmeline LAPECHE

Publié dans #élections européennes, #Extrême droite

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